Hors de question de passer la Saint Valentin perchée entre ciel et terre dans les sièges étroits d’un charter !
C’était le seul critère que Morjana avait prise en compte en choisissant sa date de mariage (le 11), sa date de départ en voyage de noces (le 12 ) ; le voyage durait presque 24 heures, ils n’arriveront à destination que le 13 au soir. Le 14 elle se réveillerait à Cancun.
Voyager en dehors des frontières peut paraitre anodin de nos jours. Une simple formalité. Un passeport, un visa si nécessaire, un billet d’avion, un hôtel et hop. Deux guichets, des files d’attente, des tampons sur le passeport et la frontière est traversée.
Pour Morjana, partir à l’étranger était un mirage, une utopie, un fantasme, un rêve inaccessible.
On lui avait tellement répété que c’était impossible à moins d’un miracle, que la première fois où « le miracle » s’était produit, elle n’en croyait pas ses yeux. Elle avait Cinq jour à passer à Paris.
Ses cinq jours elle n’en perdit pas une minute, au sens littéral du mot. Elle dormait à 6h30 pour se lever à 7h du matin. Elle se disait qu’elle devait tout faire, tout voir, que ça ne se reproduira plus. Elle avait tort.
Mais elle ne regretta aucune de ses précieuses minutes à déambuler dans Paname de jour comme de nuit.
Avec l’âge et un peu d’ancienneté, elle gagna en confiance, elle put obtenir, d’autres déplacements pour congrès, et même un stage à l’étranger.
Une fois rentrée, elle osa demander une permission à l’étranger pour son voyage de noce. Direction le Mexique.
« Tu veux partir en Amerique latine ?. C’est impossible qu’ils acceptent »
tels furent les pronostics de ses collègues.
Mais Morjana croyait fort en sa bonne étoile. Peut-être un peu trop.
Elle convaincu son futur époux civile et surtout crédule de tout réserver, les billets d’avion, l’escale à Madrid, l’hôtel tous compris.
Ses amies de l’hôpital restaient bouche bée devant tant de confiance. Tout le monde savait que Morjana ne bénéficiait d’aucun appui particulier, d’aucun piston connu.
Quand on convoqua Morjana pour déposer son visa, elle sut que son vœu était exaucé. Les formalités se déroulèrent sans encombre. Elle en était sure maintenant. Elle aura sa permission.
La date du mariage était fixée au 11 février, le voyage était prévu le 12 février. La permission démarrait le 13 février.
« Pourquoi tu as mis le 13 sur la permission ? tu es folle ? »
« je démarre toujours les permissions un lundi. C’est l’habitude »
« pourquoi tu n’a pas pris de vol le 13 ? »
« ça dure 15 h, je n’ai pas envie de passer la saint valentin dans un avion ! »
Son ami secoua la tête devant la bêtise de son argument. Il décréta :
« ils ne te laisseront jamais partir »
Devant cette prémonition, la confiance de Morjana vacilla un peu. Comment n’y avait-t-elle pas pensé ?
Un nuage commença à se former dans l’horizon bleu de son mariage. Un nuage qu’elle écarta aussitôt.
Rien ne peut altérer son bonheur. Il y avait « le délai de route ». C’était son voyage de noces, ils se montreront indulgents.
Et puis, y avait il quelque chose qu’elle pouvait faire ?
Essayer de retarder le vol au 13 ? Hors de question de passer le 14 février dans les cieux ? elle avait choisi de se célébrer son mariage en Février pour faire coincider son voyage de noces avec la fête des amoureux. Rien à faire donc. Attendre.
Elle ne partagea même pas cette inquiétude avec son fiancé.
Le pauvre Sami ne se rendait pas encore compte de ce que se marier à une femme officier médecin impliquait.
Le bref aperçu qu’il avait eu en se présentant à un poste de gendarmerie pour l’enquête prénuptiale, ne l’avait pas beaucoup gêné. L’officier qui avait conduit l’interrogatoire était bienveillant.
Le délai qu’avait prit l’armée pour leur donner une autorisation de mariage (oui il faut demander l’autorisation de l’armée pour se marier) n’avait pas contrarié les plans du fiancé. Ça lui avait même permis de prendre le temps dont il avait besoin pour mieux se préparer.
Morjana s’évertuait à ne pas exagérer la difficulté des démarches et feignait une résignation convaincue qui rassurait son « Jules ».
Ne pas l’effrayer avant le mariage!
Ne pas tout partager d’un coup !
Faire passer la pillule par petites gorgées.
Il se rendra compte de lui-même bien assez tôt.
Morjana croisa ses doigts et poursuivi les préparatifs de son mariage comme si de rien n’était.
Le jour heureux arriva. La fête se déroula sous de bons auspices. Amis et familles partagèrent danses et délices.
Les voilà, réveillés le lendemain matin, nouveaux mariés pleins d’espoir. Préparant leurs valises et mettant leur dernière tenue de cérémonie.
Il fallait passer chez le coiffeur encore un fois. Morjana était fatiguée. Fallait-il vraiment faire cette cérémonie du matin « Sbouhi » ?. L’appréhension du contrôle à l’aéroport commençait à la gagner. Elle vérifia sa permission puis la rangea, résignée, dans son sac.
Ils avaient promis aux parents.
« T’inquiète pas, on ne fera qu’un acte de présence, on se changera chez eux et direction aéroport » la rassurait Sami heureux.
Ils arrivèrent vers 12h à la maison des parents. Se prêtèrent de bon cœur, au bain de « foule ». Il fallait saluer tout le monde, s’asseoir au milieu pour les photos. Sourire aux connus et aux inconnus. Puis se lever d’un coup et se changer. Enfin l’heure du départ.
Le frère de Morjana, devait leur servir de chauffeur. Mais pourquoi les cousins et cousines de son mari montaient dans des voitures en takchita ? !!
Un cortège! c’est affreux.
Morjana ne voulait pas de cortège. Tout Rabat et Tout Salé allaient savoir que dans la voiture devant, une mariée allait partir en voyage de noces. Le principe de discrétion était rompu. Elle ne put rien dire. Les Klaxons l’accompagnèrent jusqu’à la porte de l’aéroport. Et de là comble de l’enthousiasme, les joyeux lurons des deux familles insistèrent pour descendre avec les mariés jusqu’au hall des départs.
L’enregistrement se passa sans encombre.
Puis la queue devant le contrôle de Police ne fut pas trop longue. Morjana hésita entre les deux policières du guichet qu’elle avait devant elle. L’une des deux tendit la main mettant fin à son dilemme.
Morjana tendit son passeport, sa carte d’embarquement, sa fiche de police et sa permission. Précieux rectangle en papier vert. Précieux sésame. Pourvu que ça passe.
La policière scanna le passeport, vérifia le nom, le prénom. Vérifia la permission, la palpa, la soupesa, la tourna, la retourna. Sur son visage fermé de femme d’autorité rien ne transparaissait.
Puis un éclair dans son regard de rapace. Ses sourcils se rencontrent, dans une expression de cruelle indignation triomphante.
« cette permission ne commence pas aujourd’hui ! non ! non ! non ! » fit elle en secouant la tête
« qu’est ce qui se passe ? » demanda Morjana dans un ultime élan de déni.
« qu’est ce qui se passe ? » répéta le mari de Morjana, choqué par la réaction de la policière.
Celle-ci commença à crier, d’une voix stridente désagréable pour appeler son supérieur.
Morjana, tenta de négocier : « il est presque 17h, j’ai mon vol de correspondance demain très tôt à Madrid, je ne peux pas attendre demain pour partir ! »
La policière n’entendait rien, ne voulait rien entendre. On ne sort pas le 12 avec une permission du 13. Point à la ligne.
Elle était fière de sa vigilance et n’arrêtait pas de répéter à sa voisine de guichet : « 3la chwiya et je l’aurais laissé passer »
Le supérieur tardait, la policière zélée quitta sa chaise, emportant avec elle le passeport de Morjana, sa carte d’embarquement et sa précieuse permission.
La voisine en uniforme, voyant le désarroi de notre malheureuse protagoniste, la rassura : « elle est juste parti chercher le chef » puis elle rajouta dans un élan d’empathie : « si tu étais passée chez moi je t’aurais laissé partir »
Mais Morjana n’était pas passé chez la gentille. Le destin, le malheur voulut qu’elle passa chez la plus bornée des policiers de la frontière.
Le chef arriva, il écouta avec beaucoup de sympathie le plaidoyer de la nouvelle mariée. Récupéra les papiers de chez sa subordonnée, les rendit à Morjana avec un grand sourire.
« Mon capitaine, j’aurais aimé vous aider mais le règlement ne le permet pas, demain venez, vous passerez sans problème »
Morjana regarda son passeport avec dépit, regarda la fameuse policière avec haine, puis regarda son mari avec impuissance.
Une tristesse énorme l’envahit.
Elle ne voulait commettre aucune infraction, ne voulait braver aucune loi, aucun règlement. Elle faisait son travail avec rigueur.
Elle était médecin officier. Ne méritait-elle pas qu’on lui épargne les humiliations ?.
La salle d’embarquement lui parut inaccessible, comme son rêve de voir Madrid, de visiter Cancun. Tout s’effondrait. Son enthousiasme, sa confiance et sa dignité piétinée par une jeunette zélée qui se délécta d’avoir pris une médecin capitaine en faute.
Morjana écoutait à peine le chef de poste qui les raccompagnait elle et son mari pour récupérer leurs bagages puis vers la sortie de l’aéroport.
Dans le hall attendaient toujours leur cortège en takchitas, leurs questions agressèrent davantage la refoulée.
Elle ne voulait voir personne, répondre à personne. Fallait-il que tous ces gens assistent au spectacle de son humiliation publique.
Elle baissa la tête et courut presque vers la voiture où attendait son frère.
Elle monta, se jeta dans le siège arrière et se permit enfin de pleurer.
Sami, s’occupa des bagages, des questions, et des décisions.
« on prend la route de fnideq »
« pourquoi vous n’avez pas pris de vol le 13 ? » demanda le frère
Morjana, pathétique, redoubla de sanglots.
« Ce qui est fait est fait ! On a pris des vols économiques, on ne pourra pas les changer » trancha le pauvre mari.
Les yeux fermés, comme si l’obscurité pouvait atténuer sa peine et sa honte, Morjana écoutait leurs échanges sans intervenir.
Son mariage commençait par un blocage à l’aéroport. Ce n’est pas un avant-gout de la vie avec une militaire qu’avait eu son mari, c’est une immersion totale, une douche froide écossaise qui l’a fait basculer d’un coup de sa vie de cadre civile respectable et libre, en époux de militaire entravé de contraintes réglementaires.
« Tu as trouvé un vol de Tanger ? »
« non je n’ai pas trouvé, pas dans les bons créneaux horaires. je me dit qu’on peut traverser le détroit le matin très tôt, et espérer arriver à Madrid à temps pour la correspondance »
« en voiture ?? »
« non, non, je suis entrain de chercher »
« il y avait pas des hélicoptères à Ceuta ? »
« des hélicoptères ? je vais chercher… »
La perspective du vol en hélicoptères interpela Morjana.
L’éternelle enfant, se leva, essuya ses yeux brillants autant de curiosité que de larmes.
« un vol d’hélicoptère, vraiment ? »
Ça faisait une heure qu’ils avaient pris la route. Entendre la voix de sa femme, attendrit Sami amusé de son intérêt pueril pour les hélicoptères.
Il chercha sur son téléphone, puis répondit désolé : « il n’y en a pas assez tôt le matin, puis c’est hors de prix »
L’énergie retrouvée de Morjana s’évapora devant la réponse raisonnable de son époux.
Puisqu’il n’y avait pas d’hélicoptères elle pouvait continuer à s’apitoyer sur elle-même. Elle s’allongea à nouveau et ferma les yeux.
Arrivés à Fnideq, ils prirent des chambres d’hôtel, dinèrent rapidement avant de se coucher. Ils leur fallait se réveiller à 5h du matin pour entrer à Ceuta dès l’ouverture des frontières.
Son mari avait un plan, prendre le premier bateau qui sortait à 6h du matin, puis un taxi pour l’aeroport de Malaga, puis le vol de 9h du matin pour Madrid. Morjana le regardait, concentré sur son téléphone puis sur son PC pour faire toutes les réservations possibles. Elle était désolée de lui faire subir tous ses contretemps.
« l’essentiel c’est qu’on soit ensemble ! ici, à Madrid ou à Cancun, c’est notre voyage de Noces, on ira ou Dieu voudra bien nous mener »
« j’ai épousé un mari pieux finalement » dit-elle amusée et rassurée à la fois.
Le réveil sonna 4h30. Il fait sombre et froid à 4h 30 du matin, un 12 Fèvrier à Fnideq
Le poste frontière était ouvert.
Morjana donna son passeport, sa fiche de police, sa permission.
Les deux époux fixèrent anxieux le policier de la frontière qui examinait les documents avec lenteur.
« mmmh » dit il
« mmmmh ? » répondirent les époux en chœur.
« c’est bien le 13 ! »
« oui c’est le 13, la permission commence le 13 » assura Morjana au bord de la crise de nerfs
Le policier qui avait l’air de ne pas avoir pris son premier café, appela son collègue emmitouflé dans une couverture au fond de leur guichet :
« tu ne sais pas s’il y a une alerte aujourd’hui ? »
« je ne sais pas »
« mmmmh »
Morjana n’en croyait pas ses oreilles. Il ne manquerait plus que ça, une alerte qui enterrera pour de bon, tout espoir de voyage à l’étranger.
Le policier essayait d’expliquer au pauvre mari incrédule, que si l’hypothèse de l’alerte se confirmait, il sera dans l’obligation d’annuler la permission et de ne pas leur accorder le passage à Ceuta.
Les époux devaient attendre sur le côté, debout dans le noir de cette première journée de leur voyage de noces.
Ils étaient sensés être à Madrid entrain de déguster une bonne nuit de sommeil dans le bel hôtel qu’ils avaient réservé, avant de se lever pour un bon petit déjeuner espagnol, « con tostadas des tomates et churros con chocolate ».
Mais ils étaient là, devant le poste frontière de Ceuta, côté marocain, à attendre debout pendant maintenant une heure. Il était 6h30 ;
Morjana s’impatienta.
« nous avons un vol à prendre, on attendra jusqu’à quand ? » son ton était ferme
Sami s’inquiéta
Le policier la regarda, « on va appeler Rabat encore une fois »
Il prit le téléphone et composa un numéro qui ne répondit pas. Les deux policiers se regardèrent. Rabat ne répondait pas entre 5h et 7h du matin à priori.
Morjana changea de stratégie : « c’est mon voyage de noces, je suis fatiguée, vous n’avez aucune consigne écrite, je suis en règle » supplia t-elle cette fois.
Le chef de poste acquiesa, ouvrit le passeport et apposa le cachet salvateur.
Une bouffée d’adrenaline envahit Morjana. Elle récupéra son passeport, balbutia des remerciements chaleureux, prit la main de son mari et poussa à la hâte ses bagages jusqu’au guichet espagnol.
Elle ne se retourna pas, quand le policier espagnol cacheta son passeport, elle sortit presque en courant du poste frontière. Ses compatriotes pourraient la suivre, la rapatrier ; Elle devait fuir.
Maintenant qu’ils étaient à Ceuta, Morjana se calma. Elle se dit qu’au pire des cas, ils passeraient leur voyage de noces en Espagne. Ce n’était pas si mal.
Sami, jusque là serein, commença à paniquer. Perdre les billets du vol low cost rabat Madrid et une nuit d’hôtel est une chose. Perdre 10 jours d’hôtel 5 étoiles au Mexique et le vol aller-retour était une autre chose.
Le mari de Morjana est quelqu’un d’organisé et de prévoyant. Il avait laissé de côté un budget risque qui était entrain de s’évaporer avec tous ses imprévus.
Le bateau de 7h mis presque une heure pour arriver à Algésiras.
Il fallait trouver un taxi.
« On doit arriver à l’aéroport de Malaga pour un vol à 9h30, brulez les feux, les limites de vitesse, faites ce qu’il faudra, on vous donnera ce que vous demanderais ! »
Le trajet leur couta presque 100 euros.
Arrivés à l’aéroport de Malaga, leur espoir de rattraper leur vol était mince. Ils levèrent la tête vers le tableau d’affichage.
Vol Malaga-Madrid retardé de 30 min. juste ce qu’il fallait pour qu’ils fassent leur enregistrement dans les cinq dernières minutes.
Le retard se prolongea dans la salle d’embarquement.
Morjana s’évertuait à calmer son époux. Elle culpabilisait d’être à l’origine de cette course contre la montre. Elle culpabilisait aussi, d’avoir retrouvé son bonheur au moment où lui avait perdu toute sa patience. Tout ça pour passer le 14 février à Cancun. Piètre faitaisie, qui semblait de plus en plus irréalisable.
A ce rythme, ils ne rattraperont jamais le vol Madrid Cancun.
« Au pire des cas on restera à Madrid » dit elle sans réfléchir
Lorsqu’elle se rappelle maintenant, le regard de son mari à ce moment là, elle éclate de rire. Il devait se dire qu’il avait épousé une femme écervelée qui n’avait aucune notion des réalités. Avec quel argent voulait-elle passer le voyage de noces à Madrid ?
L’avion en provenance de Malaga, arriva presque au moment où était censé finir l’enregistrement du vol pour Cancun.
Il leur fallait encore faire les formalités d’arrivée, attendre les bagages, prendre une navette pour l’autre terminal. Ça aurait été trop facile si les deux vols étaient dans le même terminal. Mais « facile » n’est pas la « devise » de ce voyage.
Les deux époux courrurent vers l’embarquement de leur voyage de noces. Ils scrutaient les panneaux d’affichage et les guichets d’enregistrement.
« Voilà ! Cancun ! guichet 38 » s’écria Sami.
Encore un peu de course. Morjana devait penser à reprendre le sport. Elle était à bout de souffle.
« Tient ! la file est encore pleine ! » s’étonna-t-elle.
Et si c’était pour un autre vol ?
Elle reprit son souffle et osa demander à la dame devant elle si c’était pour Cancun qu’elle faisait la queue.
« Oui, ils ont un problème »
La file bougeait doucement. Arrivés au guichet, l’employé leur expliqua que l’imprimante pour les étiquettes des bagages ne fonctionnait pas correctement et qu’ils devaient patienter.
Les deux époux se regardèrent. Aucun problème. Après cette journée, « Patienter » c’était devenu une seconde nature de leur couple.
Les soucis n’étaient pas encore finis en l’occurrence.
Et si tous ces blocages étaient des signes ? fallait-il vraiment braver le destin ?
Fallait-il vraiment monté dans cet avion ?
L’employé colla les étiquettes difficilement imprimées sur les bagages qui s’éloignaient sur la ceinture mobile. Il rendit les passeports aux deux aventuriers épuisés.
« Buen viaje »
Morjana et Sami se regardèrent. Ils avaient réussi. Enfin ils y sont presque.
Un sourire partagé, ils se prirent par la main et continuèrent le peu de chemin qu’il leur restait à faire. Le contrôle de bagage, la police, puis l’embarquement. Quand enfin ils s’affalèrent sur leurs sièges, leurs corps étaient épuisés, fébriles et tremblants.
Les bouffées d’adrénaline qu’ils ont subit depuis la veille, les assommaient.
Sami ferma les yeux et ronfla aussitôt.
Morjana le couva du regard.
Son couple avait surmonté son premier gros challenge !
Sami lui avait offert un cadeau de Saint Valentin singulier, deux jours à l’avance. Il l’avait respecté, et comprise au moment où elle était fautive, humiliée et triste. Il l’avait protégé du regard des autres, de leurs questions, de son propre ressentiment. Il avait tout fait pour réaliser son vœu déraisonnable, alors qu’elle avait complétement lâché prise.
Ils étaient tous les deux, ensemble dans cet avion.
Morjana se sentait invulnérable. Advienne que pourra
Son voyage de noces pouvait commencer. Le 14 Février elle se réveillera à Cancun.

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